Dans un retournement de situation digne d’un feuilleton télévisé, le gouvernement français a décidé de revoir à la baisse, et de manière rétroactive au 1ᵉʳ février 2025, les aides accordées aux projets solaires de moins de 500 kWc. Cette annonce a provoqué une onde de choc parmi les professionnels du secteur, qui y voient une menace pour l’avenir de la filière photovoltaïque en France.
Un soutien solaire en déclin
Le ministère de l’Industrie et de l’Énergie justifie cette décision par la nécessité de maîtriser les dépenses publiques. Selon le communiqué officiel, l’engouement pour le photovoltaïque ces dernières années témoigne de la maturité économique de la filière, rendant nécessaire un ajustement des aides pour chaque segment de puissance.
Concrètement, pour les installations de 0 à 9 kWc, principalement destinées à l’autoconsommation, le gouvernement prévoit de réduire de moitié la prime à l’investissement et de diminuer le tarif de rachat du surplus d’électricité de 12,7 centimes à 4 centimes par kWh. Pour les projets de 100 à 500 kWc, le tarif d’achat serait abaissé à 95 euros/MWh pour les demandes de raccordement complètes déposées à partir du 1ᵉʳ février 2025, avec une dégressivité accrue par la suite.
La filière photovoltaïque monte au créneau
Les acteurs du secteur ne cachent pas leur mécontentement. Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et Enerplan dénoncent une décision qui pourrait rendre économiquement non viables de nombreux projets en 2025. Ils appellent le gouvernement à maintenir le cadre tarifaire actuel jusqu’à la mise en place d’un nouveau mécanisme de soutien, dont le calendrier reste flou.
Olivier Salleron, président de la Fédération française du bâtiment (FFB), s’inquiète des répercussions sur les entreprises spécialisées et les emplois liés au secteur photovoltaïque. Il souligne que cette décision remet en cause un cadre réglementaire qui commençait à porter ses fruits et pourrait freiner les investissements indispensables au développement de la filière.
Vers un avenir solaire assombri ?
Cette révision des aides intervient dans un contexte où la France ambitionne de renforcer sa production d’énergie renouvelable pour répondre à une demande électrique croissante, notamment avec le développement des technologies numériques gourmandes en énergie. Cependant, en réduisant le soutien au photovoltaïque, le gouvernement pourrait compromettre ses objectifs de transition énergétique et de souveraineté industrielle.
En attendant, la filière solaire espère que l’exécutif reviendra sur sa décision et instaurera des mesures cohérentes et prévisibles pour soutenir le développement du photovoltaïque en France.




