« Aucune formalité », « il faut déclarer à Enedis », « il vous faut un Consuel violet » : les trois réponses circulent, et les trois sont exactes. Elles décrivent simplement trois installations différentes. Identifier la vôtre prend quelques minutes — et la réponse devient nette.
La question qui commande tout le reste
Votre batterie a-t-elle nécessité la création d’un circuit fixe, d’une nouvelle ligne ? C’est de cette seule réponse que découle la suite.
La convention Enedis définit l’appareil de production comme un « appareil générateur d’énergie fabriqué, assemblé et essayé en usine », et ajoute : « s’il peut être raccordé sur un circuit existant, sans réalisation ou modification d’une installation fixe sur site, il ne nécessite pas d’AC CONSUEL ».
« Mais une batterie, ça stocke, ça ne produit pas. » L’objection est fréquente, et elle ne tient pas face au réseau. La convention est explicite : « un dispositif de stockage d’électricité susceptible d’injecter de l’énergie sur l’Installation de Consommation se comporte, vu du réseau électrique, comme une installation de production ». Enedis prévoit même une filière de déclaration « stockage hors hydraulique ». Ce qui compte n’est pas ce que l’appareil fabrique, mais ce qu’il est capable de renvoyer dans votre installation.
Trois conditions, donc : fabriqué et essayé en usine, aucun conducteur ni protection ajoutés sur place, et un certificat de conformité à la norme NF EN 50549-1.
- Les trois sont réunies → vous pouvez revendiquer la dispense d’attestation prévue à l’article 17.2 de la convention.
- Une seule manque → attestation de conformité, en application de l’article D342-19 du Code de l’énergie.
Dans les deux cas, la déclaration à Enedis reste due.
Au passage. Les pages d’Enedis mentionnent une norme « NF EN 50549-1-4 », qui n’existe pas sous ce numéro. Dans la convention, il s’agit de la NF EN 50549-1 suivie d’un appel de note n° 4 — note qui renvoie, pour les installations d’une puissance installée inférieure ou égale à 800 W, à l’arrêté du 9 juin 2020. C’est ce seuil de 800 W que les fabricants retiennent pour leur mode « Plug & Play » par défaut. Le document à réclamer est donc un certificat NF EN 50549-1.
Ce qui reste possible jusqu’au 31 décembre 2026
Une seule échéance vous concerne à court terme, et elle porte sur un point précis : les certificats de découplage des onduleurs.
- Jusqu’au 31 décembre 2026 : vous pouvez déposer un dossier avec un certificat de découplage dans son ancienne version. Un appareil acheté aujourd’hui passe, même si son certificat n’a pas été mis à jour.
- À partir du 1er janvier 2027 : seules les versions listées par le Consuel seront acceptées. Il vous faudra une version à jour du certificat, que seul le fabricant peut fournir.
- Ce que l’échéance ne change pas : la dispense, les couleurs d’attestation et les règles de raccordement restent identiques. Elle ne porte que sur les certificats de découplage.
Pour mémoire, la période de transition entre l’ancienne et la nouvelle NF C 15-100 est close depuis le 29 juin 2026 : la nouvelle série est désormais le référentiel par défaut, et un chantier antérieur à septembre 2025 devient l’exception à déclarer.
Si une attestation est due, la prise n’est pas disqualifiante
C’est l’idée fausse la plus répandue sur le sujet : non, brancher une batterie sur une prise n’est pas interdit.
Depuis septembre 2025, le dossier technique SC 144E accompagne les déclarations d’autoconsommation. Il classe le raccordement en quatre cas ; le quatrième, « autres cas de raccordement », couvre la batterie sur prise. Le formulaire prévoit explicitement la case « générateur (ou source) raccordé(e) en aval de tous les dispositifs de protection d’un circuit terminal de l’installation existante ».
Il demande en échange de démontrer que le circuit tient la charge : pour ses conducteurs, Iz ≥ In + Ig (§ 551.7.2 de la NF C 15-100-1), avec déclaration de la section, du calibre de la protection et de la sensibilité du différentiel, plus un schéma électrique détaillé.
Bleue ou violette : la couleur ne se choisit pas
Attestation bleue : « toute installation électrique de production d’électricité sans dispositif de stockage de l’énergie électrique (batterie) ». Attestation violette : « toute installation de stockage de l’énergie électrique (batterie) associée ou non à une installation de production d’électricité ».
Le « associée ou non » compte : dès qu’il y a une batterie, c’est la violette — même sans panneaux. Des retours d’utilisateurs font état d’interlocuteurs évoquant la bleue pour une batterie sur prise ; la documentation écrite du Consuel ne laisse pas de place au doute.
Repérez votre configuration
Le nom du produit ne détermine pas vos démarches. Le schéma de raccordement, si.
| Votre configuration | Ce que cela implique | Ce qu’il y a à faire |
|---|---|---|
| Batterie sur une prise existante, rien d’ajouté au tableau | Les trois conditions de la dispense peuvent être réunies. | Déclarer à Enedis. Demander par écrit la confirmation de la dispense, certificats du modèle à l’appui. |
| Circuit dédié, disjoncteur ajouté ou raccordement au tableau | L’installation intérieure est modifiée : la dispense tombe. | Attestation violette et dossier stockage, à prévoir avant les travaux. |
| Batterie ajoutée sur une installation déjà déclarée | Le stockage est une caractéristique nouvelle de l’installation. | Mettre à jour le dossier Enedis, quelle que soit la suite. |
| Installation en vente du surplus | Deux sujets : le raccordement, et la compatibilité avec le contrat d’achat. | Voir Enedis et l’acheteur avant de modifier le fonctionnement de la batterie. |
| Batterie sans panneaux, pouvant alimenter le logement | Vue du réseau, elle se comporte comme une production. | Déclarer, en décrivant charge, décharge et absence d’injection sur le réseau. |
| Batterie sur une sortie isolée uniquement | Elle n’alimente pas l’installation couplée au réseau. | Vérifier le schéma du fabricant et distinguer les sorties on-grid et off-grid. |
Trois situations méritent une précision, parce qu’elles sont contre-intuitives.
Vente du surplus. Au raccordement s’ajoute une contrainte contractuelle : l’électricité achetée au réseau n’a pas vocation à être revendue ensuite dans un dispositif de soutien au photovoltaïque. Attention aussi au vocabulaire — la CACSI, d’où vient la clause de dispense, est la convention d’autoconsommation sans injection. Si vous vendez votre surplus, ce n’est pas votre contrat. Enedis reprend la même mention de dispense sur sa page dédiée à la vente du surplus, mais la clause vérifiable, elle, est dans la CACSI. Raison de plus pour demander un écrit.
Batterie sans panneaux. Charger en heures creuses pour décharger en heures pleines, sans le moindre panneau, ne vous met pas hors du champ. Comme vu plus haut, le critère n’est pas la production mais la capacité à renvoyer de l’énergie dans le logement. Une batterie qui ne fait qu’alimenter des appareils sur une sortie isolée est dans un autre cas.
Onduleur hybride. Le fait que le module batterie soit « prévu d’origine » simplifie le montage, pas la mise à jour administrative. C’est une évolution de l’installation, à déclarer comme telle.
Ce qu’il faut réunir avant d’ouvrir votre dossier
- Votre PRM — le numéro à 14 chiffres qui identifie votre point de livraison. Il figure sur vos factures, et s’affiche sur le compteur Linky en faisant défiler l’écran jusqu’à « Numéro de PRM ». Notez aussi le régime actuel : sans injection, cession gratuite, vente du surplus ou vente totale.
- Le schéma de raccordement : prise existante, circuit dédié, raccordement au tableau, onduleur hybride, ou panneaux raccordés directement à la batterie.
- Les puissances de charge et de décharge, et la capacité en kWh.
- Le certificat NF EN 50549-1 du convertisseur, et la version du certificat de découplage.
- Si la batterie se branche sur une prise : section des conducteurs, calibre du disjoncteur et sensibilité du différentiel — voir l’encadré plus haut pour savoir où les lire.
- Un schéma unifilaire simple si du stockage est déclaré, en indiquant les éventuels circuits secourus.
La question change alors de nature. Au lieu de « faut-il un Consuel pour une batterie Plug & Play ? », elle devient : « j’ajoute tel appareil, limité à X watts, sur tel circuit existant, sans modification du tableau, avec tel certificat — puis-je bénéficier de la dispense ? ».
Trois manières de décider
Sur le cas de la batterie préassemblée branchée sur une prise — Plug & Play, les textes laissent une marge d’appréciation. Trois attitudes se défendent.
Faire valoir la dispense. Cohérent avec la lettre de la convention si les trois conditions sont réunies. Suppose de pouvoir les justifier, et d’accepter qu’un interlocuteur demande malgré tout une attestation.
Demander un écrit avant d’acheter. Plus lent, mais la réponse reste opposable si le dossier se bloque ensuite. Un avis téléphonique, lui, n’engage personne.
Prévoir l’attestation d’emblée. Un coût de plus, et sur une prise cela suppose de documenter le circuit. En échange, l’incertitude disparaît et les évolutions futures sont facilitées.
Aucune n’est la bonne réponse pour tout le monde : cela dépend du montant engagé, de votre tolérance à l’incertitude administrative, et de ce que vous comptez faire de l’installation ensuite.
Pour la partie pratique — branchement, emplacement, smart meter, couplage AC, monophasé ou triphasé — voir Installer ou ajouter une batterie Plug & Play. Pour comparer les solutions, voir le Comparatif 2026 des batteries Plug & Play et le guide Batteries solaires Solarchoc.
Sources
- Enedis — Modèle de Convention d’AutoConsommation Sans Injection (CACSI) : définition de l’appareil de production, article 17.2, préambule sur les dispositifs de stockage, annexe 3, note 4 sur le seuil de 800 W.
- Enedis — Pages « Autoconsommer la totalité de l’énergie produite » et « Je vends le surplus de ma production consommée ».
- Code de l’énergie, article D342-19, version en vigueur au 1er janvier 2025.
- CONSUEL — Notices des attestations bleue (SC112) et violette (SC113).
- CONSUEL — Dossier technique SC 144E (juillet 2025) : quatre cas de raccordement, conditions du cas n° 4.
- CONSUEL — Communication du 15 juin 2026 : fin de transition au 29 juin 2026, report au 31 décembre 2026 de l’échéance sur les certificats de découplage.
- AFNOR — Série NF EN 50549, parties 1, 2 et 10. Arrêté du 9 juin 2020.


