Vos panneaux tournent depuis un ou deux ans, et vous regardez votre surplus partir sur le réseau pendant que vous êtes au travail. Ajouter une batterie est la suite logique, et dans la plupart des cas cela se fait sans toucher aux panneaux.
Reste à savoir laquelle, où la poser, et si vous pouvez la brancher vous-même. Cet article répond dans cet ordre, avec les chiffres des modèles que nous distribuons.
Trois minutes pour identifier ce que vous avez
Quatre informations suffisent, et vous les trouverez sans rien démonter.
Micro-onduleurs ou onduleur central ? Levez la tête : un boîtier plat sous chaque panneau ou chaque paire de panneaux, ce sont des micro-onduleurs. Un boîtier de la taille d’une petite valise au garage, avec des câbles qui descendent du toit, c’est un onduleur central. S’il s’agit d’un onduleur, est-il hybride ? Un onduleur hybride comporte déjà des bornes prévues pour une batterie, indiquées sur son étiquette. Si c’est le cas, regardez d’abord le module batterie du même fabricant. Pour approfondir la compatibilité selon votre onduleur, consultez notre article sur les compatibilités entre batteries solaires et micro-onduleurs.
Monophasé ou triphasé ? Votre facture l’indique à côté de la puissance souscrite. Le compteur de mesure n’est pas le même, et son prix non plus.
Quel surplus, réellement ? Votre espace client Enedis donne les kWh que vous avez injectés. C’est ce chiffre — et non votre production totale — qui doit dimensionner la batterie.
Quel montage pour votre installation
Batterie AC-couplée : le cas par défaut
La batterie s’ajoute côté maison, après la conversion en courant alternatif. Elle ne se mêle pas de vos panneaux : elle observe les échanges au compteur et charge quand elle voit du surplus partir.
C’est le montage qui convient à la quasi-totalité des installations déjà en service, puisqu’il ne demande de toucher ni aux panneaux, ni au câblage continu, ni à l’onduleur. Dans notre catalogue, la HiBattery HB-4020-AC de Hoymiles (4,02 kWh extensibles à 16,08 kWh), le Solarbank Max AC d’Anker SOLIX (7 kWh extensibles à 42 kWh) et le SolarFlow 3000 Mix AC+ de Zendure (8,04 kWh en bloc) relèvent de cette catégorie.
À retenir — avec des micro-onduleurs, prenez une batterie AC-couplée : votre production est déjà en alternatif. Avec un onduleur central non hybride, même réponse — sauf si vous comptiez de toute façon remplacer un onduleur en fin de vie ou si vous souhaitez une installation indépendante annexe.
Batterie à entrées solaires : le montage full off-grid
D’autres systèmes ont leurs propres entrées photovoltaïques : les panneaux arrivent directement sur la batterie, qui gère elle-même la production, la charge et l’alimentation du logement. Le SolarVault 3 Pro Max de Jackery accepte ainsi 4 000 W de panneaux sur 4 MPPT, le SolarFlow 2400 Pro de Zendure 3 000 W, la HiBattery HB-4020-X de Hoymiles 4 000 W.
C’est aussi ce qui rend ces batteries mobiles : rien n’empêche de débrancher un ou deux panneaux pour les emmener ailleurs — sur un terrain, en camping-car — et de produire de l’électricité sur place, avec une rallonge pour alimenter du matériel.
À retenir — c’est le montage à privilégier pour un projet neuf, ou si vous ajoutez des panneaux en même temps que la batterie. Ce n’est en revanche pas un montage de rattrapage : il faudrait débrancher de leur onduleur des panneaux déjà en service.
Batterie sans aucun panneau
Une batterie peut aussi se charger sur le réseau en heures creuses pour vous alimenter en heures pleines. Vous n’économisez alors plus du solaire, vous jouez sur l’écart de tarif — un usage que la plupart des modèles du catalogue prennent en charge, avec pilotage sur tarifs dynamiques.
À retenir — faites le calcul sur votre propre contrat avant de vous décider. Le gain dépend de l’écart entre vos heures creuses et vos heures pleines, et du rendement aller-retour de la batterie : le SolarFlow 3000 Mix AC+ annonce 90 %, ce qui signifie que 10 % de l’énergie achetée disparaît dans l’opération.
Le compteur de mesure : indispensable, et souvent mal compris
Une batterie AC-couplée ne devine pas votre surplus. Pour savoir quand charger, elle doit mesurer ce qui entre et ce qui sort du logement, et c’est le rôle d’un compteur d’énergie ou de pinces ampèremétriques.
Où se pose-t-il ? Pas à côté de la batterie, comme on l’imagine souvent : sur un rail DIN dans votre tableau électrique, avec des pinces enserrant les câbles de l’arrivée générale. Il mesure là où tout passe, donc au tableau.
Des offres sont actuellement proposées sur le smart meter selon les marques du catalogue, et il coûte généralement entre 70 et 150 € selon qu’il est monophasé ou triphasé, et selon le revendeur.
La contradiction à connaître. Votre batterie « Plug & Play » se branche bien sur une prise, mais son compteur, lui, suppose d’ouvrir le tableau. Le raccordement de la batterie reste à votre portée ; la pose du compteur relève de l’électricien. C’est la première chose à anticiper si vous comptiez tout faire vous-même.
À retenir — prévoyez l’intervention au tableau pour la pose du compteur, même si la batterie se branche sur une prise. Sans compteur, elle fonctionne à l’aveugle, sur de simples plages horaires.
Prise ou tableau : deux puissances à ne pas confondre
Les fiches produit affichent souvent trois chiffres de puissance différents. Les distinguer évite l’essentiel des déceptions.
La puissance réseau standard, c’est ce que la batterie peut échanger avec votre logement quand elle est branchée sur une prise. Elle est plafonnée à 800 W sur la quasi-totalité des modèles du marché, y compris les plus puissants.
La puissance réseau maximale s’obtient avec un raccordement adapté : mode Premium, connecteur Wieland ou circuit dédié. Le Solarbank Max AC passe ainsi de 800 W via Schuko à 3 500 W en Wieland ou en raccordement fixe ; le SolarFlow 3000 Mix AC+ de 800 W à 3 000 W en mode Premium.
La puissance de la sortie de secours est encore un autre chiffre, et il est souvent bien supérieur aux deux premiers : 3 680 W sur le Solarbank Max AC comme sur le SolarFlow 3000 Mix AC+, 2 500 W sur le SolarVault 3 Pro Max. Cette sortie ne sert qu’en coupure et n’est pas soumise au plafond réseau.
Concrètement, 800 W absorbent sans peine le surplus d’une installation domestique de 3 kWc au fil de la journée, et couvrent le soir un talon de consommation : réfrigérateur, box, éclairage, veilles, un appareil en marche. Ils ne couvriront ni des plaques de cuisson, ni un chauffe-eau, ni une pompe à chaleur.
À retenir — pour lisser un surplus solaire et couvrir votre consommation de fond le soir, la prise fait le travail. Pour les gros postes, il faut le raccordement adapté — donc un électricien, et des démarches différentes.
Ce qui se passe vraiment quand le réseau tombe
C’est le point le plus mal compris du stockage domestique, et celui qui sépare le plus nettement les deux architectures.
Première précision : une batterie ne réalimente pas votre maison. Elle alimente les appareils que vous branchez sur sa prise de secours dédiée. Pour que de vrais circuits du logement soient secourus, il faut les raccorder au tableau — ce qui relève de l’électricien, et change vos démarches.
Deuxième précision, plus importante encore : la durée. Et là, l’architecture décide de tout.
| En cas de coupure | Batterie AC-couplée | Batterie à entrées solaires (PV direct) |
|---|---|---|
| Source d’énergie | Uniquement ce qui est déjà stocké. | Le stock, puis les panneaux qui continuent de produire. |
| Durée | Quelques heures, puis plus rien jusqu’au retour du réseau. | Jour après jour, tant que le soleil se lève et que le dimensionnement suit. |
| Ce qui est alimenté | Les appareils branchés sur la prise de secours. | Idem — sauf raccordement des circuits au tableau. |
| Exemple du catalogue | SolarVault 3 Pro Max AC : l’entrée solaire passe par l’onduleur existant, qui s’arrête avec le réseau. | SolarVault 3 Pro Max : 4 MPPT, jusqu’à 4 000 W de panneaux raccordés à la batterie. |
Une batterie AC-couplée reçoit son énergie solaire à travers votre onduleur existant. Or cet onduleur se met en sécurité dès que le réseau disparaît — c’est une obligation de sécurité, pour ne pas réinjecter sur des lignes où des techniciens interviennent. Vos panneaux s’arrêtent donc en même temps que le réseau, et la batterie ne dispose plus que de son stock.
Une batterie à entrées solaires directes, elle, reste maîtresse de ses panneaux. Conçue pour fonctionner sans le réseau, elle continue à se recharger tant que le soleil est disponible. Avec un dimensionnement correct, l’alimentation se prolonge jour après jour au lieu de s’épuiser en une soirée.
Le cas particulier à connaître. Certains modèles n’offrent aucune fonction de secours. Le SolarFlow 800 Plus de Zendure, par exemple, ne propose pas, dans sa documentation, de prise dédiée pour brancher des appareils en cas de coupure : c’est une batterie pensée pour charger et décharger en restant intégrée au réseau, pas pour secourir du matériel en direct. Ce n’est pas un défaut — c’est un choix de conception pour un produit compact destiné aux petits projets et aux locataires. Mais si le secours compte pour vous, cette ligne se vérifie avant l’achat, pas après.
À retenir — si vous voulez tenir plusieurs jours sans réseau, il vous faut des panneaux raccordés directement à la batterie. Si vous voulez simplement passer une coupure de quelques heures, une batterie AC-couplée avec sortie de secours suffit. C’est le seul critère sur lequel les deux architectures ne sont pas interchangeables.
Pour approfondir : ce qu’une batterie solaire peut réellement alimenter en cas de coupure.
Dimensionner : partez du surplus
Une batterie surdimensionnée ne se remplit jamais. Si vous injectez 4 kWh par jour en été, une capacité de 10 kWh ne se remplira pas, même par beau temps.
Regardez trois choses dans cet ordre : le surplus quotidien que vous injectez réellement les bons jours, ce que vous consommez entre le coucher du soleil et le lendemain matin, et la puissance dont vous avez besoin simultanément le soir. Le plus petit des deux premiers chiffres donne la capacité utile.
Les modèles du catalogue couvrent une échelle large : 1,92 kWh pour le SolarFlow 800 Plus, 2,52 kWh pour les SolarVault 3 Pro, 4,02 kWh pour la HiBattery HB-4020-AC, 7 kWh pour le Solarbank Max AC, 8,04 kWh pour le SolarFlow 3000 Mix AC+.
À retenir — commencez au niveau que votre surplus peut remplir, et vérifiez l’évolutivité. La plupart de ces modèles acceptent des packs supplémentaires — jusqu’à 16,08 kWh sur la HiBattery, 42 kWh sur le Solarbank Max AC. Le SolarFlow 3000 Mix AC+ fait exception : ses 8,04 kWh ne sont pas extensibles, ce qui en fait un bon choix seulement si cette capacité correspond déjà à votre besoin durable.
Où la poser : la température avant l’indice IP
Les fiches affichent des indices de protection rassurants — IP65, IP66 selon les modèles — et des plages de fonctionnement larges, souvent de −20 à 55 °C. Ces chiffres cachent une nuance décisive.
Sur une batterie au lithium fer phosphate, la charge et la décharge n’ont pas les mêmes limites. La décharge fonctionne dans le froid, avec une perte : environ 80 % de la capacité disponible à 0 °C, et 50 à 60 % vers −20 °C — des ordres de grandeur généralement observés sur les cellules LiFePO4. La charge, elle, ne doit pas se faire sous 0 °C : le lithium se dépose sur l’anode et la perte est définitive. Les fiches détaillées le disent — le SolarFlow 3000 Mix AC+ annonce une décharge de −20 à 55 °C mais une charge de 0 à 55 °C seulement.
Ce que cela veut dire en janvier. Une batterie installée dehors ou dans un local non chauffé peut refuser de se charger pendant une vague de froid, sans panne et sans défaut : sa protection fait son travail. L’indice IP dit que l’appareil résiste à la pluie ; il ne dit rien de ce qui se passe à −5 °C.
Certains modèles répondent précisément à ce problème. Le Solarbank Max AC embarque un chauffage actif annoncé jusqu’à −20 °C ; les SolarFlow 2400 disposent d’une fonction d’auto-chauffe. C’est un critère à regarder si l’installation extérieure est votre seule option.
À retenir — un garage hors gel ou un cellier reste préférable à un mur extérieur exposé au nord, même avec un excellent indice IP. Si vous n’avez que l’extérieur, orientez-vous vers un modèle à chauffage actif et vérifiez la plage de charge, pas seulement la plage de fonctionnement.
Si vous êtes en triphasé
Le triphasé n’interdit rien. Il change deux choses : le compteur de mesure doit être un modèle triphasé, et la répartition de la puissance entre les phases varie selon les fabricants.
À retenir — faites valider la référence exacte du compteur triphasé compatible avec le modèle visé avant de commander. Une question posée en amont évite un retour produit.
Le faites-vous vous-même ?
La ligne de partage ne dépend pas de votre habileté, mais de ce que le montage exige.
| Vous pouvez le faire vous-même | Appelez un électricien |
|---|---|
| La batterie se branche sur une prise existante prévue par la notice. Vous restez dans le mode 800 W du fabricant. Le compteur de mesure est déjà en place, ou votre modèle n’en exige pas. Vous branchez vos appareils directement sur la prise de secours. Votre logement est en monophasé. |
Il faut ouvrir le tableau, ne serait-ce que pour poser le compteur. Vous voulez dépasser 800 W : mode Premium, Wieland ou circuit dédié. Vous voulez que la sortie de secours alimente des circuits de la maison. Vous êtes en triphasé et le schéma de mesure ne vous paraît pas clair. Vous devez modifier le câblage des panneaux. |
Et côté paperasse ? Le montage retenu détermine aussi vos obligations déclaratives : déclaration à Enedis, dispense éventuelle d’attestation Consuel, impact sur un contrat de vente du surplus. C’est un sujet à part entière, traité dans notre article sur les démarches Enedis et Consuel. Une règle simple en attendant : quel que soit le montage, votre installation doit être connue d’Enedis.
La liste à passer en revue avant de commander
- L’architecture, rapportée à vos panneaux : AC-couplée, entrées solaires directes, ou module d’un onduleur hybride existant.
- Les trois puissances : réseau standard, réseau maximale et conditions pour l’atteindre, sortie de secours.
- Le comportement en coupure : sortie de secours ou non, et recharge solaire possible ou non pendant la coupure.
- Le compteur de mesure : requis ou non, fourni ou non, monophasé ou triphasé.
- La capacité de départ et l’évolutivité, rapportées à votre surplus réel.
- La plage de charge et la présence d’un chauffage actif si l’emplacement est froid.
- L’indice IP, si l’installation est extérieure ou dans un local humide.
Un dernier repère : la capacité affichée ne dit presque rien à elle seule. Ce qui compte, c’est l’accord entre votre surplus, votre consommation du soir et le raccordement que vous pouvez réellement mettre en œuvre. Pour comparer les modèles, voir le Comparatif 2026 des batteries Plug & Play et le guide Batteries solaires Solarchoc.
Sources
- Référentiel harmonisé Solarchoc des batteries Plug & Play, 28/08/2026, établi d’après les fiches et manuels constructeur.
- Pages et fiches techniques constructeur : Hoymiles HiBattery HB-4020-AC et HB-4020-X, Anker SOLIX Solarbank Max AC, Zendure SolarFlow 3000 Mix AC+, SolarFlow 2400 Pro et SolarFlow 800 Plus, Jackery SolarVault 3 Pro Max et SolarVault 3 Pro Max AC.
- Comportement en température des cellules LiFePO4 : charge impossible sous 0 °C (dépôt de lithium irréversible sur l’anode), plage de décharge froide variable d’un modèle à l’autre.
- Compteurs d’énergie : Shelly Pro EM 50 monophasé et Shelly Pro 3EM triphasé, montage sur rail DIN avec transformateurs de courant.



